Sanction du magistrat Alghassimou Diallo : la Présidence défend une décision fondée sur « suffisamment de faits »
CONAKRY — La sanction disciplinaire visant le magistrat Alghassimou Diallo continue de susciter des réactions en Guinée. Figure connue du procès...
CONAKRY — La sanction disciplinaire visant le magistrat Alghassimou Diallo continue de susciter des réactions en Guinée. Figure connue du procès du massacre du 28 septembre 2009 et actuel avocat général près la Cour suprême, le magistrat a fait l’objet d’une mesure disciplinaire de la part de sa hiérarchie, une décision qui alimente depuis plusieurs jours les débats dans les milieux judiciaire et médiatique.
Interrogé mercredi 19 août 2026 sur cette affaire, le porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, a défendu la légitimité de la sanction et rappelé qu’une mesure disciplinaire relève, selon lui, du fonctionnement normal de l’administration.
« M. Algassimou a été sanctionné, c’est un magistrat. Moi, je suis militaire. Dans mon métier, tous les jours, on nous sanctionne. La sanction fait partie de l’administration », a déclaré le porte-parole de la Présidence.
La Présidence invoque des faits suffisantsPour Amara Camara, la décision prise à l’encontre du magistrat ne repose pas sur des considérations arbitraires. Il affirme que des éléments suffisamment sérieux ont motivé la mesure disciplinaire.
« Il a été sanctionné parce qu’il y a suffisamment de faits qui justifient le fait que son ministre l’a sanctionné », a-t-il soutenu, avant d’insister sur le principe d’égalité devant la loi.
Le porte-parole de la Présidence a notamment rejeté l’idée qu’un statut particulier puisse mettre un responsable public à l’abri d’une éventuelle sanction.
« Qui est au-dessus de la loi en République de Guinée ? Personne ! », a-t-il martelé, estimant que le respect des règles administratives participe à la consolidation de l’État.
L’enjeu serait désormais de connaître les motifsAu-delà de la sanction elle-même, le général Amara Camara estime que le véritable sujet devrait porter sur les faits qui ont conduit à la décision du ministère de la Justice.
Il a ainsi invité les journalistes à s’intéresser aux raisons précises de la mesure plutôt qu’à la seule identité de la personne sanctionnée.
« Dans une administration, un ministre a sanctionné un cadre, où est le problème ? […] Pourquoi il a été sanctionné ? C’est ça peut-être la question que vous auriez dû poser », a-t-il déclaré.
Selon lui, le principe doit s’appliquer à tous les agents publics, quelle que soit leur fonction ou leur statut.
« Mais qu’on sanctionne Algassimou ou Amara, c’est normal dans l’administration », a-t-il ajouté, appelant à rechercher les faits à l’origine de la procédure.
Daouda Yansané
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