« Le crâne de l’Almamy Bocar Biro sera inhumé dignement en Guinée, après sa récupération des mains de la France » (Moussa Moïse Sylla)
A l’occasion de la cérémonie de la pose de la première pierre pour la construction d’un musée régional et d’un centre cu...
A l’occasion de la cérémonie de la pose de la première pierre pour la construction d’un musée régional et d’un centre culturel à Labé, ce dimanche 9 août 2026, le ministre de la Culture est largement revenu sur la demande formulée par la Guinée quant à la restitution des crânes des héros de la lutte contre les envahisseurs Français. Selon le ministre Moussa Moïse Sylla, la Guinée lui rendra des hommages dus à son rang à travers des oraisons funèbres pour réhabiliter Bocar Biro, a constaté sur place notre rédaction à travers son correspondant préfectoral.
A l’occasion de la pose de la première pierre pour la construction de ces deux édifices (musée régional et centre culturel), Moussa Moïse Sylla a soutenu et insisté que la Guinée est dans un travail de mémoire. Un travail de dignité, un travail de souveraineté pour que le peuple de Guinée soit un peuple fier de son histoire, de son passé, de ses héros.
« La Guinée a été un pôle d’attraction culturelle au lendemain des indépendances. Nous avons une culture riche. Nous sommes le pays du Bembeya, nous sommes le pays où nous avons les Ballets africains de Guinée. Nous sommes le pays de grands artistes et de grands noms qui ont fait la fierté de l’Afrique à l’international. On doit retrouver cette place qui nous revient de droit. Mais cela passe par un travail de terrain, par un travail de réapparition de notre propre histoire. Ce qui constitue notre mémoire collective doit être protégée. Aujourd’hui, le débat qu’on a été soulevé au sujet des reliques de l’Almamy Bocar Biro, des biens personnels de Samory Touré, parce que l’Almamy Bocar Biro, ce nest pas que seulement lui, c’est son fils, son frère, et son chef de guerre. Donc, il s’agit de quatre crânes que nous réclamons à la France. Que la France acceptera de donner, parce qu’elle, par la voie de son exécutif, son président Emmanuel Macron, a déjà par le passé remis à des pays comme Madagascar, des restes humains, appartenant également à des figures emblématiques de l’histoire de l’île Malgache. Parce que cela a été encadré par une volonté exprimée par le peuple français, encadré par des règlements sur la restitution des restes humains, votée par l’Assemblée nationale française en 2023. Pour toutes ces raisons, nous sommes convaincus et au regard de l’excellence des relations entre le président Mamadi Doumbouya et le président Emmanuel Macron, nous sommes convaincus, qu’absolument rien ne fera obstacle au retour en héros national de l’Almamy Bocar Biro sur la terre de ses ancêtres. La terre pour laquelle il a fait des sacrifices ultimes. Et nous lui rendrons des hommages dus à son rang à travers des processions funèbres qui feront de telles sortes que ce héros soit réhabilité jusqu’à son inhumation. Parce nous avons une civilisation et des traditions différentes de celles des occidentaux. Et lorsque l’histoire coloniale a dépeint au rabais nos héros, lorsque notre histoire est racontée par d’autres, c’est parce que nous-mêmes, nous n’avons pas exprimé notre volonté de nous approprier de notre histoire. Si vous ne la prenez pas avec tout le sérieux, vous ne la comprenez pas, si vous ne la mesurez pas, elle sera racontée par d’autres personnes. Donc, nous sommes dans un travail de mémoire. Un travail de dignité, un travail de souveraineté pour que le peuple de Guinée soit un peuple fier de son histoire, de son passé, de ses héros », a insisté Moussa Moïse Sylla.
Par ailleurs, le ministre estime que les éléments de notre patrimoine culturel, qu’ils soient matériels ou immatériels, ne doivent pas disparaître par l’oubli ou par l’effacement.
« Nous avons entrepris un travail de mémoire qui n’avait pas encore été fait dans notre pays. En collaboration avec le centre d’innovation du développement de recherche (CIRD), nous avons décidé de recenser sur l’ensemble du territoire national le patrimoine culturel de notre pays. Il s’agit du recensement, de la documentation et de la numérisation du patrimoine culturel de la Guinée. Dans les jours et semaines à venir, des étudiants, des chercheurs vont sillonner l’ensemble de nos régions, de nos préfectures, de nos sous-préfectures, de nos districts, jusque dans nos villages, pour faire de telle sorte que ce qui nous constitue, nous représente en tant que guinéen, nous particularise par rapport aux autres communautés ; ces éléments de notre patrimoine culturel, qu’ils soient matériels ou immatériels, que ces éléments ne disparaissent jamais par l’oubli ou par l’effacement. Et que par aujourd’hui, ce que nous offre le numérique, qu’on puisse à jamais les graver dans le marbre », a-t-il laissé entendre.
Labé, Alpha Boubacar Diallo pour notre rédaction
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