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Guinée : les autorités relancent la gouvernance de sa plateforme nationale One Health pour renforcer la sécurité sanitaire

Le comité de pilotage de la plateforme nationale One Health, ou « Une Seule Santé », a tenu ce vendredi, 14 août 2026 à Conakry, sa première session....

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Admin User

Aug 14, 2026 at 17:57

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Guinée : les autorités relancent la gouvernance de sa plateforme nationale One Health pour renforcer la sécurité sanitaire

Le comité de pilotage de la plateforme nationale One Health, ou « Une Seule Santé », a tenu ce vendredi, 14 août 2026 à Conakry, sa première session. La rencontre a réuni les représentants de plusieurs départements sectoriels intervenant dans les domaines de la santé humaine, de la santé animale, de l’environnement, de la recherche, ainsi que les partenaires techniques et financiers. Elle intervient près de dix ans après la mise en place du dispositif national « Une Seule Santé » et vise notamment à renforcer la gouvernance de la plateforme, améliorer la coordination entre les différents secteurs et définir les priorités de la feuille de route One Health 2026-2028, a appris sur place notre rédaction à travers un de ses reporters.

À l’ouverture des travaux, les participants ont rappelé que l’approche « Une Seule Santé » repose sur l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale. Une conviction renforcée par l’épidémie de maladie à virus Ebola de 2014-2016, qui avait mis en évidence la nécessité d’une coordination multisectorielle efficace pour prévenir, détecter et contenir les menaces sanitaires, notamment les zoonoses.

Les responsables du dispositif estiment ainsi qu’après près d’une décennie d’existence, il est nécessaire de clarifier et de consolider le fonctionnement des différents organes de la plateforme, tout en renforçant son opérationnalisation sur le terrain.

La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a prononcé le discours de clôture de cette première session. Dans son intervention, elle a dressé le bilan des acquis enregistrés tout en insistant sur la nécessité de renforcer la coordination et la redevabilité entre les différents départements concernés.

Khaïté Sall, Ministre de la santé et de l’hydrogène

« Au terme de cette première session du comité de pilotage de la plateforme nationale One Health, je voudrais remercier chacun d’entre vous pour les échanges, les contributions et surtout pour les engagements pris au cours de nos travaux. Les présentations et discussions de ce jour nous ont permis de disposer d’une lecture commune de la situation de notre plateforme nationale One Health, d’apprécier les acquis, mais également d’identifier clairement les défis qui demeurent. Notre pays dispose aujourd’hui de plateformes régionales et préfectorales qui ont été installées, des actions ont été conduites en matière de surveillance et de lutte contre les zoonoses prioritaires, des outils de communication ont été développés et des compétences renforcées », a dit Khaïté Sall.

Par ailleurs, la ministre en a profité pour appeler les différents acteurs à franchir une nouvelle étape, fondée sur l’opérationnalisation, la coordination effective et la redevabilité. Elle a notamment présenté la feuille de route One Health 2026-2028 comme un cadre commun destiné à orienter et suivre les actions. Khaité Sall a également souligné la nécessité d’une collaboration étroite entre les départements concernés, tout en réaffirmant le rôle de leadership du ministère de la Santé dans l’animation et la coordination de cette dynamique. « Nous devons désormais franchir une nouvelle étape, celle de l’opérationnalisation, de la coordination effective et de la redevabilité. C’est tout le sens des orientations retenues au cours de cette session et de la feuille de route One Health 2026-2028 qui doit constituer notre cadre commun d’action et de suivi. L’approche Une Seule Santé nous rappelle une réalité fondamentale : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont indissociables. Les épidémies, les ondes, la résistance aux antimicrobiens et les risques environnementaux ne connaissent ni frontières administratives ni cloisonnements sectoriels. Notre réponse doit donc être résolue. Dans ce cadre, le ministère de la Santé, dans sa qualité de département assurant la présidence du comité de pilotage, continuera d’exercer son leadership dans l’animation et la coordination de cette dynamique, dans le respect des missions et des compétences de chaque département membre. Car si les responsabilités restent sectorielles, nos obligations de résultat sont collectives. La santé, l’élevage, l’environnement, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, la sécurité et la protection civile, ainsi que la défense nationale doivent pouvoir partager l’information, anticiper ensemble les risques et, lorsque la situation l’exige, coordonner leur intervention ».

La session a également été marquée par la signature de protocoles d’accord avec les ministères en charge de l’Élevage, de l’Environnement ainsi que de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Pour la ministre de la Santé, ces accords doivent désormais se traduire par des actions concrètes. « La signature, à l’occasion de cette session, des protocoles d’accord avec les ministères en charge de l’Elevage, de l’Environnement et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique traduit concrètement cette volonté. Ces accords doivent désormais vivre. Ils doivent se traduire par un meilleur partage des données, des mécanismes d’alerte plus efficaces, des investigations conjointes rapides, une surveillance intégrée des zones à risque et des risques environnementaux, ainsi que par la mobilisation accrue de la recherche, de l’innovation et de la formation au service de la santé publique », a-t-elle laissé entendre.

La ministre a, en outre, plaidé pour un financement durable de l’approche One Health et une implication accrue des ressources nationales. « Notre ambition n’est donc pas d’ajouter des mécanismes administratifs supplémentaires, mais de construire une véritable culture de collaboration intersectorielle. Cette ambition exige également un financement durable. Les priorités One Health doivent progressivement trouver leur place dans les programmations et les budgets de nos différents départements. L’accompagnement de nos partenaires demeure essentiel, mais notre engagement national doit constituer le centre de gravité de cette approche. Cette première session doit marquer un changement de méthode : passer de la coordination institutionnelle à l’action coordonnée, des engagements aux résultats et des résultats à la redevabilité. Sous le leadership de Son Excellence M. Mamadi Doumbouya, président de la République, et dans le cadre du programme Simandou 2040, nous ferons de l’approche One Health un véritable instrument de prévention, d’anticipation et de résilience de notre système national de sécurité sanitaire », a dit la ministre Khaïté Sall.

De son côté, Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée, Dr Jean Marie Kipela, a réaffirmé la disponibilité de sa structure à accompagner les autorités guinéennes dans la mise en œuvre de l’approche One Health et salué la tenue de cette première session du comité de pilotage.

Dr Jean Marie Kipela, représentant de l’OMS en Guinée

« C’est un grand honneur pour moi de prendre la parole au nom de l’Organisation mondiale de la santé à l’occasion de cette première session du comité de pilotage de la plateforme nationale Une Seule Santé. Je voudrais tout d’abord féliciter le gouvernement de la République de Guinée, sous le leadership de Mme la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, pour l’organisation de cette importante rencontre qui marque une étape décisive dans la relance de la gouvernance de la plateforme One Health. Je salue également l’engagement des différents ministères ici présents, des institutions nationales et des partenaires techniques et financiers qui témoignent par leur présence d’une conviction commune : aucun secteur ne peut à lui seul relever les défis sanitaires de notre époque. L’approche Une Seule Santé est aujourd’hui un pilier incontournable de la sécurité sanitaire mondiale. La Guinée en a fait l’expérience. Les différentes épidémies auxquelles le pays a été confronté ont démontré que les investissements dans la préparation, la surveillance intégrée, le partage rapide de l’information et la coordination entre les secteurs constituent les meilleurs moyens de protéger les populations », a témoigné Dr Kipela.

Pour l’OMS, la relance de la plateforme nationale doit désormais reposer sur une gouvernance forte, une véritable opérationnalisation des mécanismes de coordination et un investissement durable. Le représentant de l’organisation a ainsi présenté trois messages essentiels à l’issue de cette session. « L’OMS salue cette démarche qui permettra de renforcer la gouvernance, d’améliorer la coordination entre les secteurs et de rendre la plateforme davantage orientée vers les résultats. Permettez-moi de partager trois messages essentiels. Premièrement, la réussite de cette relance dépendra avant tout d’une gouvernance forte. La plateforme doit devenir un véritable mécanisme stratégique capable d’anticiper les risques, de coordonner les interventions et d’orienter efficacement les décisions. Deuxièmement, l’approche One Health doit être pleinement opérationnelle. Les décisions prises au niveau stratégique doivent se traduire par des actions concrètes sur le terrain grâce à un fonctionnement régulier et coordonné du comité technique, du secrétariat permanent ainsi que des groupes techniques de travail et autres structures concernées… Il est indispensable d’investir dans la durabilité. La feuille de route 2026-2028 devra s’appuyer sur des objectifs clairement définis, des indicateurs mesurables, un mécanisme efficace de suivi et évaluation et une mobilisation suffisante des ressources nationales et des partenaires. Investir aujourd’hui dans la prévention et la préparation permettra d’éviter demain des crises sanitaires aux conséquences humaines, sociales et économiques beaucoup plus lourdes », a indiqué le représentant de l’OMS en Guinée.

Mamadou Laafa Sow pour Guinneematin.com

Tél. : +224622919225

Tags: Guinée News

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