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PN-RAVEC : Bras de fer entre superviseurs non remunérés et coordination nationale

Les superviseurs techniques communaux du Programme national de recensement administratif à vocation d’état-civil (PN-RAVEC) font face à une crise soci...

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Admin User

Sep 03, 2026 at 18:06

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PN-RAVEC : Bras de fer entre superviseurs non remunérés et coordination nationale

CONAKRY — Plusieurs superviseurs techniques communaux du Programme national de recensement administratif à vocation d’état-civil (PN-RAVEC) dénoncent une situation sociale devenue particulièrement tendue. Privés de salaire depuis plus d’un an, certains affirment également avoir subi des pressions, des arrestations et des réquisitions de leurs matériels de travail.

Recrutés sur la base de contrats renouvelables, ces agents expliquent qu’ils avaient l’interdiction d’exercer une autre activité professionnelle en parallèle. Selon eux, le versement de leurs salaires s’est pourtant interrompu après environ sept mois de service, sans qu’une notification officielle de fin de contrat ne leur soit adressée.

Amar Baldé, superviseur technique communal à Mombéya, dans la préfecture de Dalaba, affirme que le salaire mensuel fixé au moment de la signature du contrat était de 5 millions de francs guinéens.

Il explique que les paiements ont cessé alors que les agents continuaient de recevoir des unités téléphoniques destinées à leur travail.

Selon ses estimations, les sommes dues atteindraient aujourd’hui environ 80 millions de francs guinéens par agent, en fonction de la durée des arriérés accumulés.

La situation se serait davantage tendue lorsque les autorités ont demandé aux superviseurs de restituer les motos de service mises à leur disposition.

Plusieurs agents auraient refusé de remettre immédiatement ces équipements, estimant qu’ils souhaitaient d’abord obtenir des garanties concernant le paiement de leurs salaires.

D’après Amar Baldé, certaines de ces situations auraient donné lieu à des interventions des autorités locales ou des forces de l’ordre.

Il cite notamment le cas de Koundara, où un agent aurait été convoqué afin de restituer sa moto, ainsi que celui de Guéckédou, où six personnes auraient été détenues avant d’être libérées après la remise des véhicules.

À Youkounkoun, dans la préfecture de Koundara, un autre superviseur aurait également passé environ 24 heures en détention avant qu’une personne ne soit trouvée pour remettre sa moto de service.

Le collectif affirme aussi que des pressions auraient été exercées sur des familles lorsque certains superviseurs ne se trouvaient plus dans leurs localités.

Face à cette situation et à ce qu’ils décrivent comme une absence de dialogue avec la coordination du PN-RAVEC, les superviseurs ont décidé de se faire accompagner par un cabinet d’avocats.

Ils assurent avoir tenté auparavant de régler le différend à l’amiable en adressant plusieurs courriers à l’administration, sans obtenir de réponse satisfaisante.

Leur objectif, disent-ils, n’est pas de conserver les motos ou le matériel appartenant à l’État.

« On n’a jamais refusé de rendre les motos, mais il faudrait qu’on ait une garantie qu’on sera payé après les avoir rendues », explique Amar Baldé.

Pour les agents concernés, le problème dépasse désormais la simple question du matériel. Ils réclament avant tout la reconnaissance du travail effectué dans le cadre du recensement administratif et le paiement intégral des sommes qu’ils estiment leur être dues.

« C’est nous qui avons créé le fichier dont la Guinée se vante. C’est notre travail. Qu’on soit reconnu et qu’on soit payé : ce sont les deux choses qu’on demande », insiste Amar Baldé.

Selon le collectif, cette crise concerne une grande partie des superviseurs travaillant à l’intérieur du pays. La situation serait différente à Conakry, où plusieurs agents auraient déjà restitué leurs équipements.

Les superviseurs concernés attendent désormais une réponse de l’administration et le règlement de leurs arriérés de salaire, tandis que le recours à la justice pourrait ouvrir une nouvelle étape dans ce bras de fer autour du PN-RAVEC.

Tags: Guinée News

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